Alors me revoilà en activité autour du rocket après la naissance il y a un an de mon premier batch.
http://www.ecologie-pratique.org/forum/viewtopic.php?showtopic=3919
L'hiver approche et il est temps que je m'occupe du serpentin échangeur à eau que je compte installer dans le baril.
Beaucoup de réalisations sont équipées d'un serpentin de cuivre autour du baril. C'est une solution fiable qui fonctionne bien, soit en thermosiphon (voir le fil de Dorothée http://www.ecologie-pratique.org/forum/viewtopic.php?showtopic=2316) soit en circulation forcée quand le ballon d'eau chaude ne peut pas être posé en hauteur.
Cette solution a l'avantage d'être relativement simple à poser sur un rocket existant et aussi facile à surveiller, mais je lui reproche plusieurs choses :
- le cout prohibitif de la couronne de cuivre (env 250€ pour 35m de 20/22)
- sa faible puissance, de l'ordre de 2-3kw, ce qui est suffisant en appoint solaire mais pas assez pour alimenter un cumulus à lui seul et un peu trop juste pour chauffer efficacement des radiateurs situés dans une autre pièce ou un plancher chauffant.
- le serpentin consomme de la chaleur qui pourrait être rayonnée par le baril, c'est un inconvénient dans les bâtiments à forte inertie qui bénéficieraient d'un peu plus de convection pour la réactivité.
Alors mon idée est de coller le serpentin plus près de la source de chaleur, mais il ne faut pas que cela perturbe le tirage ni ne refroidisse la cheminée interne au risque de tuer la bonne combustion.
Je ne veux pas mettre le cuivre dans les fumées car elles sont corrosives.
En parcourant le net, on trouve d'autres réalisations d'échangeurs dans des poêles de masse, certaines plus accessibles que d'autres. Je tiens pour ma part à faire au plus simple, avec un souci de durabilité et de faible investissement, en restant dans l'esprit "rocket" qu'on aime tant :)
Ce batch est en 180, c'est une machine de guerre, très puissante, réactive alors je sais qu'il y a bien assez de puissance disponible pour chauffer de l'eau. (j'arrive déjà à le faire sur mon J 200 qui est moins puissant), alors c'est parti pour ma petite expérience, et pour ne pas faire durer le suspens inutilement je peux annoncer que les résultats sont déjà à la hauteur de mes attentes, mais avant tout détaillons la construction :
Pour commencer je démonte le baril, on voit la cheminée interne en acier que mon pote avait fabriqué à partir de tubes cintrés et soudés :
Le métal a bien résisté mais c'est pas tellement représentatif car le rocket a peu tourné l'hiver dernier.
Les gars du forum Donkey32 déconseillent l'acier en tant que cheminée interne, il a tendance à vite brûler dans ces conditions d'utilisation, particulièrement dans un batch. Sur un forum j'y ai trouvé une recette de cheminée interne coulée qui me plaisait bien, mon tube en acier servira de coffrage perdu, ainsi il durera le temps qu'il voudra !
https://permies.com/t/42108/rocket-mass-heaters/Heat-riser-material
Pour tenir le coffrage, un autre cylindre fait de tubes soudés :
Ensuite vient la préparation de l'échangeur. Je fais un serpentin dans un vieux bout de 8 mètres de couronne de cuivre 16/18. Elle prend place à l'intérieur de ce qui est habituellement le cumulus découpé pour faire un conteneur d'isolant, que l'on remplit de vermiculite. Ici j'ai pas de cumulus alors j'utilise un baril qu'on a cintré. Je reforme au sol la couronne au diamètre extérieur du cylindre puis je l'allonge comme un ressort, elle rentre en force et plaque bien partout. Je ne la fixe pas vraiment, je place simplement des autoforeuses à travers la paroi pour caler le tube. Il y a en tout 6 tours, ce qui est très peu comparé aux 10 à 13 tours qu'il faut quand on le met autour du baril.
Ainsi le cuivre ne sera pas dans le circuit de fumée, pas de risque de perforation précoce.
Mise en place :
Dans l'espace ou se situe le cuivre je coule un mortier d'argile (1/4) et sable (3/4) assez liquide pour bien enrober le tube, quelques coups de marteaux sur le métal aident le mélange à descendre, ainsi il est "vibré" !
Cet espace aurait surement mérité d'être plus étroit, avec moins d'inertie l'eau chaufferait plus rapidement. Si c'était à refaire, je mettrai 8cm d'isolant autour de la cheminée interne et seulement 4 au niveau de l'échangeur. (au lieu de 5 et 7)
Puis je coule le mortier de vermiculite dans l'idée de ce que j'ai vu sur Permies et Donkey32 http://donkey32.proboards.com/thread/1298/fireclay-perlite-barrier-furnace-cement :
1 vol de ciment fondu pour la prise rapide,
2 vol de kaolin (mélange de litière pour chat et argile 50/50 par exemple)
15 vol de vermiculite ou perlite mouillée.
1 vol de silicate de sodium (facultatif)
C'est très léger et bon isolant réfractaire. Je tasse bien avec un liteau pour que ce soit bien costaud, il faudra que ça résiste à la flamme quand le métal aura perforé.
On referme avec le même mélange :
Ensuite je pose les tubes de cuivre à blanc pour faire le repérage, je pourrai bientôt poser le baril.
Le baril a été ouvert "en bas" afin de laisser les bouchons sur le dessus. J'utilise le gros trou pour faire passer mon tube avec son raccord soudé.
Le baril est à 15cm au dessus de la cheminée interne, je compte le surélever plus tard pour limiter sa température en haut et rayonner sur une plus grande surface. Un J se contente de 6cm, alors qu'un batch entre 15 et 30cm c'est la norme, quand on a pas carrément un deuxième baril par dessus (voir Peterberg batchrocket.eu/fr )
Je fais une étanchéité rapide avec de la bauge :
Le cumulus est au dessus dans la mezzanine, il me reste une chute de 3-4 mètres de cuivre recuit en 20/22 ce qui sera parfait pour parcourir la distance avec peu de perte de charge. Ah que j'aime tout faire avec ce qui traine :)
Deux trous à la scie cloche dans le plafond, une courbure bien négociée afin que le tube côté chaud soit en pente montante sur tout son parcours, et y'a plus qu'à attendre 1 jour ou 2 pour que ça sèche un peu, particulièrement le ciment fondu qui n'apprécierait pas une mise à feu immédiate !
A suivre la plomberie "dans les règles de l'art", ou presque ;)


















