Hier soir je retire les cendres du tunnel de combustion comme tous les jours, et à ma surprise, un caillou accroche sur le coté. En insistant un peu, je retire ce que vous pouvez voir sur la photo, et c'est un morceau qui s'est détaché d'une brique latérale.
Certes, je n'ai utilisé que des briques rouges normales, pas réfractaires, mais de là à les faire fondre
Faut dire que j'ai l'habitude de brûler du bois pourri, vraiment. De la branche de pin qui a trainé dehors à la pluie et au soleil pendant 4 ans. Certes il est bien sec maintenant, mais y'a plus beaucoup de matière à bruler, c'est du papier.
Et y'a 3 jours, on m'a donné des chutes de bois d'oeuvre, toujours du pin, séché à 17% et qui lui contient de la matière !
Alors j'en ai profité pour tester les limites de mon installation.
J'ai chargé du bon pin pendant 4 heures en continu (ce que je fais souvent avec mon bois pourri)
Déja pour l'eau chaude : la température dans la cumulus a monté tranquillement jusqu'à atteindre 75°, ou ma centrale de gestion s'est mise en sécu car la sonde du serpentin dans le rocket indiquait >90°. Je suis alors passé en mode plancher chauffant, et la y'a aucun risque de surchauffe.
La chaleur contenue dans le rocket a permis au circulateur d'envoyer de l'eau à >30° dans le plancher chauffant jusqu'au lendemain matin, soit plus de 10h d'eau chaude pour 4 heures de feu, étonnant !
J'ai aussi compris le concept de saturation de la masse. Certes mon rocket ne fait que 1.5 tonne, mais c'est le petit modèle en diamètre 15cm, c'est donc habituellement bien proportionné.
Le banc chauffant était brulant, et impossible de s'y asseoir sur plus de la moitié de la surface !
J'avais l'impression d'avoir un poele sans masse : ou la chaleur du feu est immédiatement diffusée par convection dans la pièce, comme avec un poele standard ou un insert.
On a eu 25°C jour et nuit dans la maison pendant 3 jours sans faire aucun nouveau feu...
Le plus étonnant, la surface d'une brique a vitrifié, faut dire que pendant le feu elles semblaient rayonner une lumière rouge, comme du métal en fusion !
D'après ce que j'ai pu lire, la terre cuite rouge commence à fondre vers 1300°, et la blanche plus riche en kaolin vers 1800°!!
La surface du baril éclairait orange, même avec les lumières de la pièce allumées...
Le thermomètre de sortie de gaz après banquette indiquait env 200°
Voila une expérience inutile mais qui permet d'en tirer quelques enseignements :
* Ne pas faire surchauffer un rocket
* Quand ca surchauffe, son rendement baisse (trop de convection et plus assez de stockage dans la masse)
* Ca peut monter TRES TRES haut :
>1300° dans le tunnel,
>>1000 en haut du heat riser,
probablement +500 au début de la banquette
et en l'abscence de délestage d'eau chaude, risque d'ébullition dans la plomberie.
* les briques non réfractaires ne résistent pas à ce traitement
* Le séchage et la qualité du BOIS sont des éléments déterminants pour le fonctionnement.
Enfin, avant j'avais l'impression de brûler du papier, maintenant c'est comme si je brûlais de l'essence !
A bientôt
Cédric

