Le temps des semailles transgéniques approche
En novembre dernier le Conseil d’État français annulait le moratoire sur la culture du maïs transgénique Mon 810 mis en place en février 2008. Depuis près de trois mois, il est donc permis de semer ce maïs transgénique dans les champs français.
Le temps des semailles approche, et toujours rien de concret de la part du gouvernement concernant le renouvellement de l’interdiction du maïs OGM Mon 810…
Vers une clause de sauvegarde bien tardive et fragile
En novembre dernier, suite logique d’une décision rendue par la Cour européenne de Justice, le Conseil d’État français a annulé le moratoire sur la culture du Mon 810 activé en février 2008. Depuis près de trois mois, il est donc permis de semer ce maïs transgénique dans les champs français.
Et la menace est bien réelle, le mois de mars ouvrant la saison des semailles de maïs. Sans nouvelle interdiction, la poignée d’agriculteurs militants pro-OGM soutenus par l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a déjà annoncé la couleur : ils comptent semer dès que possible du Mon 810 et mettre ainsi la France devant une situation de fait accompli en imposant une contamination de l’environnement. Claude Ménara, qui fait office de porte-parole, l’a proclamé dans les médias : « Nous n’allons pas rester les bras croisés et nous sèmerons des OGM ».
Depuis près de trois mois, le gouvernement affirme qu’il décrètera une nouvelle clause de sauvegarde fin février. Pour quelle raison attendre ainsi la dernière minute ? La ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet l’avoue tout net : tout simplement pour que « la Commission européenne n’ait pas le temps de la remettre en cause », reconnaissant d’emblée la fragilité de l’interdiction qu’elle compte prendre et qui pourrait bien être levée par les autorités européennes avant la fin de la saison des semailles de maïs…
Alors que la menace d’un retour des OGM dans nos champs se précise, l’inaction du gouvernement en la matière est incompréhensible. Depuis février 2008, pourquoi n’a-t-il pas commandité des recherches scientifiques qui auraient pu venir confirmer les doutes sur l’innocuité des OGM et ainsi fonder solidement la clause de sauvegarde française ? Pourquoi n’a-t-il pas étudié d’autres leviers juridiques susceptibles d’empêcher la culture de maïs transgénique en France ? Autant de questions sans réponse, qui laissent penser que le gouvernement pourrait en réalité préparer discrètement le retour des OGM dans nos champs, et serait surtout soucieux d’empêcher la culture du maïs Mon 810 jusqu’aux échéances électorales, et non de façon définitive…
La contamination bientôt légalisée ?
Autre élément venant accréditer un tel soupçon : le projet d’arrêté notifié par le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire à la Commission européenne fin janvier, qui vise à définir les conditions de la coexistence entre cultures OGM et cultures conventionnelles.
Dans ce texte, Bruno Le Maire propose les règles de coexistence les plus laxistes d’Europe, prévoyant par exemple une distance de 50 m seulement ou une bordure de 9 m entre des parcelles OGM et des cultures conventionnelles. Dans ce texte, pas une ligne concernant la protection spécifique de l’apiculture, pas une seule mention de l’agriculture biologique (en savoir plus : http://www.infogm.org/spip.php?article5009).
Le gouvernement semble oublier l’essentiel : les Français ne veulent pas des OGM ! Greenpeace demande le retrait immédiat du texte de Bruno Le Maire. C’est bien le « sans OGM » qu’une réglementation sur la coexistence doit garantir et protéger !
Source Greenpeace
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Depuis l’apparition des premières cultures d’OGM en Europe il y a quelques années, les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre ces cultures et l’apiculture. Sous l’influence du lobby OGM et semencier, la Commission Européenne et les autorités nationales sont jusqu’à présent restées sourdes à cet appel.
Or, un apiculteur allemand qui a constaté la présence de pollen de maïs OGM MON 810 dans son miel a intenté une action en justice. Le 5 septembre 2011, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a décidé qu’un tel miel ne pouvait pas être commercialisé [1].
Nos gouvernants ne peuvent donc plus feindre d’ignorer cette réalité : l’autorisation de cultures d’OGM en plein champ serait fatale à l’apiculture (miel, pollen, propolis) et à l’abeille.
Gare aux manigances
Les consommateurs européens ne veulent pas d’OGM dans le miel. La prise de conscience environnementale est devenue telle que la Commission Européenne ne peut prendre le risque de sacrifier délibérément l’abeille au profit de multinationales. Depuis la décision de la CJUE, les tractations vont pourtant bon train.
L’arrêt de la Cour de Justice s’appuie sur le fait que le pollen de maïs MON 810 n’est pas autorisé à la consommation humaine. Des manipulations juridiques qui permettraient de contourner cette interdiction dans le cas du miel sont à l’étude, au mépris de la transparence exigée par les consommateurs.
Seule solution : le moratoire
La coexistence des cultures OGM en plein champ et de l’apiculture est impossible. Personne ne peut plus ignorer cette réalité.
L’abeille est un élément indispensable de l’environnement, de la biodiversité, et un atout incontournable pour la pollinisation de nombreuses cultures. Déjà mise à mal par la pression des pesticides, elle pourrait tout bonnement disparaître de nos campagnes par décision politique, ou être accusée de disséminer les pollens OGM !
Face à ce risque inadmissible, nous demandons instamment à John Dalli, Commissaire européen à la Santé et à la Consommation, et à nos décideurs européens et nationaux de protéger l’abeille, l’apiculture et les professionnels de l’apiculture et de :
- suspendre immédiatement et ne pas renouveler l’autorisation de culture en plein champ du maïs MON 810,
- bloquer l’avancée de tous les dossiers de plantes génétiquement modifiées nectarifères ou pollinifères,
- faire évaluer rigoureusement l’impact des plantes transgéniques sur les ruchers, notamment les couvains et les abeilles hivernales, et de rendre publics tous les protocoles et résultats
- respecter le droit à la transparence pour les consommateurs.
Le miel et les produits de la ruche doivent rester des aliments sains et naturels.
[1] UE : le miel contaminé par des OGM ne peut être mis sur le marché sans autorisation spécifique, Inf’OGM
Signez la pétition en ligne http://www.ogm-abeille.org/#petition
Je reproduis ici ce que j'ai reçu par mail:
> > Bonjour,
Je ne sais si vous avez déjà eu l'info, mais le maïs transgénique MON810 sera dans les champs à la fin février. Et le savez-vous ? Son pollen est impropre à la consommation humaine. En 2011, les apiculteurs espagnols se sont retrouvés avec du miel invendable. En France, c'est pour le printemps 2012. Pour l'instant le nombre de signatures est trop insuffisant. Alors si vous n’êtes pas d’accord, faites-le savoir en signant la pétition disponible sur :
http://www.ogm-abeille.org/#petition
Merci pour l'info (dont le lien était déjà disponible dans le commentaire précédant).
Un rappel qui ne fait pas de mal pour tenter d'augmenter les signatures pour cette pétition.
je voudrai bien signer la pétition mais le lien n'ouvre pas de page...Merci de relancer l'appel avec un lien qui fonctionne.