Bienvenue sur ecologie-pratique.org, anonyme 17 oct. 2017 - 05:39

Le temps des semailles transgéniques approche

En novembre dernier le Conseil d’État français annulait le moratoire sur la culture du maïs transgénique Mon 810 mis en place en février 2008. Depuis près de trois mois, il est donc permis de semer ce maïs transgénique dans les champs français.

Le temps des semailles approche, et toujours rien de concret de la part du gouvernement concernant le renouvellement de l’interdiction du maïs OGM Mon 810…

Vers une clause de sauvegarde bien tardive et fragile
En novembre dernier, suite logique d’une décision rendue par la Cour européenne de Justice, le Conseil d’État français a annulé le moratoire sur la culture du Mon 810 activé en février 2008. Depuis près de trois mois, il est donc permis de semer ce maïs transgénique dans les champs français.

Et la menace est bien réelle, le mois de mars ouvrant la saison des semailles de maïs. Sans nouvelle interdiction, la poignée d’agriculteurs militants pro-OGM soutenus par l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a déjà annoncé la couleur : ils comptent semer dès que possible du Mon 810 et mettre ainsi la France devant une situation de fait accompli en imposant une contamination de l’environnement. Claude Ménara, qui fait office de porte-parole, l’a proclamé dans les médias : « Nous n’allons pas rester les bras croisés et nous sèmerons des OGM ».

Depuis près de trois mois, le gouvernement affirme qu’il décrètera une nouvelle clause de sauvegarde fin février. Pour quelle raison attendre ainsi la dernière minute ? La ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet l’avoue tout net : tout simplement pour que « la Commission européenne n’ait pas le temps de la remettre en cause », reconnaissant d’emblée la fragilité de l’interdiction qu’elle compte prendre et qui pourrait bien être levée par les autorités européennes avant la fin de la saison des semailles de maïs…

Alors que la menace d’un retour des OGM dans nos champs se précise, l’inaction du gouvernement en la matière est incompréhensible. Depuis février 2008, pourquoi n’a-t-il pas commandité des recherches scientifiques qui auraient pu venir confirmer les doutes sur l’innocuité des OGM et ainsi fonder solidement la clause de sauvegarde française ? Pourquoi n’a-t-il pas étudié d’autres leviers juridiques susceptibles d’empêcher la culture de maïs transgénique en France ? Autant de questions sans réponse, qui laissent penser que le gouvernement pourrait en réalité préparer discrètement le retour des OGM dans nos champs, et serait surtout soucieux d’empêcher la culture du maïs Mon 810 jusqu’aux échéances électorales, et non de façon définitive…

La contamination bientôt légalisée ?
Autre élément venant accréditer un tel soupçon : le projet d’arrêté notifié par le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire à la Commission européenne fin janvier, qui vise à définir les conditions de la coexistence entre cultures OGM et cultures conventionnelles.

Dans ce texte, Bruno Le Maire propose les règles de coexistence les plus laxistes d’Europe, prévoyant par exemple une distance de 50 m seulement ou une bordure de 9 m entre des parcelles OGM et des cultures conventionnelles. Dans ce texte, pas une ligne concernant la protection spécifique de l’apiculture, pas une seule mention de l’agriculture biologique (en savoir plus : http://www.infogm.org/spip.php?article5009).

Le gouvernement semble oublier l’essentiel : les Français ne veulent pas des OGM ! Greenpeace demande le retrait immédiat du texte de Bruno Le Maire. C’est bien le « sans OGM » qu’une réglementation sur la coexistence doit garantir et protéger !

Source Greenpeace

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