Bienvenue sur ecologie-pratique.org, anonyme 18 août 2017 - 12:39

Une vérité qui dérange

L’humanité est assise sur une bombe à retardement. Les savants du monde entier s’accordent pour dire qu’il nous reste à peine dix ans pour éviter une catastrophe planétaire – un dérèglement majeur du système climatique qui entraînerait des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse, des vagues de chaleur meurtrières.




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Cette catastrophe d’une ampleur sans précédent, nous en serions les premiers responsables ; nous seuls pouvons encore l’éviter. Plutôt que de sonner le tocsin de l’apocalypse ou de céder à la délectation morose, UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE a choisi d’illustrer et relayer l’action et le combat passionné d’un homme, l’ancien Vice-président Al Gore, qui depuis cinq ans sillonne les États-Unis pour persuader ses concitoyens de l’urgente nécessité de réagir à cette crise.

UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE est un documentaire passionnant qui promet de susciter un large débat, voire d’infléchir notre conception de l’environnement. À travers la présentation de données scientifiques argumentées sur le réchauffement climatique se dévoilent le parcours personnel de l’ancien Vice président des États-Unis Al Gore et son long combat en vue de réduire l’effet de serre.

Al Gore livre un ensemble d’informations avérées sur le réchauffement de la planète et la montée exponentielle des températures, déjà responsable de dramatiques bouleversements climatiques : fonte des glaces, périodes de sécheresse prolongées, montée du niveau des mers… Parallèlement à un argumentaire solide, présenté de façon attrayante, des séquences plus intimistes nous révèlent le combat passionné de Gore et sa dimension humanitaire.

Une recrue nommée… Al Gore

Pendant des années, on l’avait présenté comme «le prochain Président des États-Unis», mais, dans la foulée de sa cuisante défaite à l’élection de 2000, Al Gore fit quelque chose qu’on n’attendait pas de lui. Il prit la route - non en exilé, mais en showman itinérant.

Son «show» est une présentation multimédia, non partisane, associant de façon originale humour, dessins et informations scientifiques pour illustrer les conséquences dramatiques du réchauffement climatique. C’est aussi un vibrant «appel aux armes» pour inviter son pays à s’attaquer à ce problème avec la détermination et l’ingéniosité qui sont la marque de l’esprit américain. Al Gore a présenté son show plus de 1000 fois et n’a guère eu besoin de publicité pour rassembler un vaste auditoire dans les écoles ou les salles de conférences de grandes métropoles et de modestes villes de province.

Deux personnalités activement engagées dans le combat écologique, Laurie David et le producteur Lawrence Bender, furent particulièrement impressionnées par la démonstration de Gore. Laurie David introduisit deux de ces présentations devant des salles combles, à New York et Los Angeles, et en fut profondément marquée : «J’ai vu en Al Gore le Paul Revere de notre temps, sillonnant le pays pour rameuter les populations et lancer un appel urgent que nul n’est plus en droit d’ignorer.»

Laurie David mesura aussi les efforts surhumains déployés par Gore pour faire passer son message : «Il se consacre à ce sujet depuis quelque 40 ans, il le connaît mieux que personne et est plus apte que quiconque à le présenter de façon claire et convaincante. Mais il devrait «tourner» 365 jours par an pour toucher ne serait-ce qu’une fraction de ceux qu’il veut convaincre… et le temps presse !» «Dès que j’ai assisté à la présentation de Gore, j’ai su qu’elle pourrait constituer le point de départ d’un grand film», ajoute Lawrence Bender. «Nous pensions tous que cette émouvante démonstration méritait une bien plus vaste tribune.»

David et Bender contactèrent alors un ami de longue date, Scott Z. Burns, scénariste, réalisateur et lauréat du Clio, ainsi que Jeff Skoll, de Participant Productions, société impliquée dans deux des films les plus marquants de 2005 : GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK et SYRIANA.

Le quatuor ayant assisté à un nouveau show d’Al Gore, en sortit convaincu de la nécessité de lancer rapidement le projet.

Jeff Skoll : «Je pensais en connaître un bout sur ce sujet que j’étudie depuis des années, mais la présentation d’Al Gore a radicalement changé mes perspectives. Je pensais jusqu’alors qu’il s’agissait d’un problème à long terme, et j’ai compris que c’était beaucoup plus urgent que cela. Son argumentaire montre clairement qu’il ne nous reste plus que cinq ou dix ans pour agir. En voyant Al livrer cette démonstration à une centaine de personnes, j’ai su qu’il fallait très vite donner à sa parole l’écho approprié.»

Pour Gore et les producteurs, ce discours sur les effets du réchauffement climatique transcende les clivages politiques.

Scott Burns : «La science est, par définition, étrangère aux manipulations politiciennes. Al ne sollicite pas vos suffrages, il vous demande de vous mobiliser en vue d’un changement réel.»

Jeff Skoll : «Al présente les faits d’une manière originale, fascinante, divertissante et terrifiante. Son but est clairement de sortir de la politique partisane. Il nous dit : «Voici la situation telle qu’elle est, et maintenant, si nous voulons y remédier, il va falloir réunir des gens de tous horizons. Car, qui que vous soyez et d’où que vous veniez, ce problème va affecter votre vie et celle de tout un chacun.» L’enjeu de ce film hors norme apparut d’emblée aux producteurs. «Il s’agissait tout bonnement de l’avenir de notre planète», dit Laurie David. «Restait seulement… à convaincre Mr Gore.» C’est dans cet état d’esprit que les quatre producteurs hollywoodiens entreprirent, non sans quelque appréhension, un «pitch» hors du commun. «J’ai vécu bien des meetings», rapporte Bender, «mais, cette fois, il s’agissait de convaincre l’homme qui aurait pu devenir Président des États-Unis.» Fort heureusement, Gore les mit à l’aise. «Il a été charmant et a immédiatement compris que le film pourrait porter son message non plus à des milliers de gens, mais à des millions.»

«L’ampleur de cette crise exige de nous une action prompte, audacieuse et raisonnée», déclare Al Gore, qui voit dans UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE un moyen de plus pour éclairer le monde sur l’urgence de la situation. Les producteurs s’adressèrent à un réalisateur aux multiples talents, Davis Guggenheim, pour conférer au film un style dynamique, intimiste et divertissant. Homme de télévision et producteur de la remarquable série HBO «Deadwood», Guggenheim vit dans UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE l’occasion de renouer avec la veine documentariste de ses débuts, tout en d’inattendu.

«Laurie a déboulé dans mon bureau comme un ouragan de force 5, en me disant «Je te propose un film qui pourrait bien devenir le plus important de ta carrière !» Je n’ai pas tout de suite été convaincu, du moins pas avant d’assister à une présentation d’Al Gore, qui m’a soufflé et donné l’envie urgente de raconter cette histoire à un maximum de monde. Le rêve d’un cinéaste est de dénicher un sujet qui l’accroche et qui s’impose à lui. C’est le cas avec ce film. J’ai eu le sentiment que si je ne faisais plus rien d’autre dans ma vie, ce serait déjà une grande chose.»

La triomphale première d’UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE au Festival de Sundance répondit à toutes les interrogations des producteurs quant aux réactions du public face à deux sujets aussi controversés qu’Al Gore et le réchauffement climatique.

Jeff Skoll : «Nous nous demandions régulièrement : les gens aborderont- ils ce film avec des idées préconçues ? Ce fut donc très gratifiant de voir qu’il touchait un public très divers : des conservateurs, des libéraux, des gens issus d’états majoritairement démocrates aussi bien que d’états républicains. Je pense que leurs réactions prouvent que cette histoire a un attrait universel.»

Et la co-productrice Lesley Chilcott d’ajouter : «Le grand débat sur le réchauffement climatique est clos. La question est maintenant de savoir quand nous allons réagir.»

Gagner la confiance d’Al Gore

Davis Guggenheim sut dès le départ qu’il lui faudrait gagner la confiance d’Al Gore, «jusqu’à être capable de se mettre dans sa peau». Impressionné par son charisme et par la fermeté de son discours, il espérait découvrir les motivations intimes de son combat.

L’entreprise avait de quoi intimider. Après avoir passé un temps considérable en compagnie de Gore, Guggenheim continuait à lui donner du «Monsieur le Vice-président», et il lui faudrait encore plusieurs semaines pour l’appeler familièrement «Al».

Davis Guggenheim : «Regarder ce type, et se dire qu’il figurera dans les livres d’histoire de vos petits-enfants suffirait à vous paralyser. Mais, plus je passais de temps avec lui, et plus je découvrais sa profonde humanité. Al Gore est devenu à mes yeux cet homme fascinant, posé et plein d’humour, qui se trouvait aussi posséder des connaissances encyclopédiques sur le réchauffement climatique.»

«Et puis, j’ai découvert en lui un personnage remarquable qui avait fait un choix héroïque après une épreuve traumatisante, en décidant de tout mettre de côté pour consacrer sa vie à une cause dont nul ne voulait parler. Réceptif aux émotions fortes, j’ai senti que quelque chose d’intense pouvait se dégager de cette reprise en main de l’après-2000 et du combat d’Al pour tenter de sauver le monde.»

Au fil des semaines, Gore dévoila au réalisateur des pans entiers de son histoire personnelle, lui révélant à travers des anecdotes surprenantes et parfois émouvantes les interférences entre sa vie privée et son profond attachement à la beauté, à la vertu nourricière et au caractère sacré de la Terre. Guggenheim évoque trois événements clés qui ont contribué à forger l’inébranlable engagement de Gore : l’accident de voiture qui faillit coûter la vie à son jeune fils ; la mort de sa soeur des suites d’un cancer du poumon ; sa défaite face à George W. Bush en 2000.

«Nous avons eu de longs et nombreux entretiens dont certains furent très intenses, chargés de douleur et d’émotions», rapporte Guggenheim. «Ces moments sont devenus le fil rouge secret d’UNE VÉRITÉ QUI DÉ- RANGE – le journal tacite d’Al.»

A propos du réchauffement climatique

Au coeur de la présentation d’Al Gore sur le réchauffement climatique et du film, on découvre des photos choc du Kilimandjaro et de l’Himalaya qui mettent en évidence la fonte ultrarapide de certains des plus grands glaciers du monde et ses répercussions. Les exemples américains ne manquent pas non plus : Gore nous montre ainsi que le majestueux Glacier National Park ne possède maintenant plus que quelques-unes des étendues glaciaires qui ont fait sa réputation.

Ces images ont un impact indéniable. Le spectacle de la dégradation continue de ces sites magiques est à la fois navrant et mobilisateur. Nous pensions jadis que la Nature évoluait trop lentement pour que nous en percevions les changements, ou que la Terre était trop vaste et trop riche pour que l’humanité puisse la mettre en péril. Nous savons maintenant que nous avions tort. Gore nous montre clairement que des changements massifs se produisent tout autour de nous et que notre planète subit à chaque minute de nouveaux outrages.

Gore avance ensuite des preuves encore plus incontestables. Les dix années les plus chaudes jamais enregistrées se situent au cours des quatorze dernières années. Les océans, en particulier, se réchauffent à un rythme accéléré, provoquant des tempêtes tropicales et des ouragans de plus en plus violents, tels le désastreux Katrina qui ravagea la Nouvelle-Orléans en 2005. Des variations pluviométriques brutales ont entraîné des crues et des périodes de sécheresse de plus en plus sévères, tandis que les canicules faisaient à travers le monde d’innombrables victimes. La hausse des températures a également causé l’extinction de certaines des plus belles espèces animales, notamment l’ours polaire. Pour la première fois de leur histoire, ces magnifiques plantigrades s’épuisent en effet dans la vaine recherche d’une banquise nourricière, et finissent par se noyer.

Gore constate avec tristesse que, malgré une abondante moisson de données scientifiques avérées, trop d’Américains – et de leurs dirigeants – doutent encore de la réalité du réchauffement climatique. Les médias ont aussi leur part de responsabilité. Gore cite à cet égard deux statistiques éclairantes : fin 2004, Science Magazine recensait 928 études scientifiques corroborant la thèse du réchauffement, et aucune qui le contestât ; à la même époque, 53 % des articles de presse grand public la mettaient pourtant en doute. Manifestement, le message a du mal à passer…

Pour Gore, il est urgent de commencer par corriger certaines erreurs. La principale est de croire que cette crise planétaire a atteint une telle ampleur qu’elle est désormais ingérable. Gore, qui n’est pas du genre à baisser les bras, rétorque que les Américains ont affronté dans leur histoire quantité de problèmes réputés insolubles, de l’abolition de l’esclavage aux expéditions lunaires. Il croit que la lutte contre le réchauffement climatique mérite de s’inscrire dans cette grande tradition.

Il réfute aussi la thèse selon laquelle le développement économique serait inconciliable avec la défense de l’environnement. Il appelle à un «Siècle de Renouveau» dans des domaines tels que la conservation des ressources énergétiques, les transports ou la recherche d’énergies alternatives. Mais il faut pour cela que le peuple américain se rassemble et affronte collectivement le problème, que chacun accepte de changer de style de vie et fasse pression sur les politiciens pour les amener à agir bien plus qu’aujourd’hui. Al Gore perçoit les signes avant-coureurs d’une mobilisation de masse, qui se dessine à travers les états d’Amérique et dans les partis politiques, et espère qu’UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE sera un catalyseur et une source d’inspiration pour ce grand mouvement.

Source U.I.P



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