Bienvenue sur ecologie-pratique.org, anonyme 28 juin 2017 - 10:47

Systèmes solaires N° 175 - Octobre 2006

Un numéro exceptionnel de 168 pages consacré aux meilleurs projets d'architecture bioclimatique 2005-2006. Avec cette dixième édition, le concours Habitat solaire Habitat d’aujourd’hui, qui se déroule tous les deux ans, fête ses vingt ans ! L’architecture bioclimatique n’a pas pris une ride et je dirai même, tout au contraire, qu’elle a subi plusieurs cures de rajeunissement. Clandestine autrefois, elle est désormais “tendance”. Et l’utopie est en passe de se transformer en exigence. On peut le constater à la lecture attentive de l’actualité. Tous les permis de construire déposés depuis le 1er septembre 2006 doivent maintenant respecter la réglementation thermique 2005, permettant une économie d’au moins 15 % sur les consommations d’énergie liées au chauffage, à la ventilation et à l’eau chaude sanitaire dans les logements. Les labels HPE (Haute Performance Énergétique) et THPE (Très Haute Performance Énergétique), qui doivent correspondre à des consommations inférieures respectivement de 10 % et de 20 % à celles exigées par la RT 2005, sont sorties pendant l’été. Un label “Bâtiment Économe en Énergie” devrait sortir pour la fin de l’année. Il valorisera les maisons passies sur le modèle suisse “Minergie” ou allemand “Passivhauss”. Enfin un label “Énergies Renouvelables” est en préparation. Il certifiera les constructions faisant appel à celles-ci pour le chauffage, l’eau chaude et l’électricité.

L’architecture bioclimatique et solaire – revisitée par la Haute Qualité Environnementale et s’appuyant sur des matériaux et des composants de plus en plus performants – est depuis très longtemps un lieu d’expérimentation, d’innovation et d’avant-garde. C’est elle qui réussit notamment à réconcilier l’économie de l’énergie et le captage de la lumière pour faire de la maison passive une maison non seulement confortable sur le plan thermique mais aussi une maison où il fait bon vivre.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes fiers de présenter ici, les lauréats 2006 du concours Habitat solaire Habitat d’aujourd’hui qui ont tous fait sortir de terre de brillantes “preuves par l’exemple”.

Alain Liébard
Président d’Observ’ER



La qualité des projets en
constante amélioration

Chaque édition du palmarès “Habitat solaire Habitat d’aujourd’hui” présente un profil particulier, qui reflète les évolutions du cadre bâti dans la métropole et les départements d’Outre-mer. Après le bouillonnement des années 1970, l’habitat solaire avait été négligé jusqu’au milieu des années 1990. Mais depuis, le nombre de réalisations a explosé, et les palmarès successifs de notre concours se sont révélés de plus en plus intéressants. Les projets présentés sur l’édition présente étaient pour la plupart d’une très grande qualité. Le pointage montre néanmoins qu’un grand nombre de réalisations sont situées dans les départements de l’est et du sud-est de la Métropole, en particulier le Doubs, l’Isère et “les” Savoie.
Ce phénomène n’est pas nouveau. Il traduit, semble-t-il, un engagement plus explicite de certains organismes publics et privés. Ainsi la Région Rhône-Alpes organise une version régionale déclinée de ce concours en partenariat avec Observ’ER. À l’inverse, des régions comme la Bretagne, l’Île-de-France et le Sud-ouest sont notoirement sous représentées. À une échelle plus large, la participation des départements d’Outre-mer est de plus en plus riche, en quantité et en qualité. Ainsi, dix-sept dossiers, soit 19 % du total (90 dossiers reçus), émanent des îles des Caraïbes (Martinique et Guadeloupe) ou de la Réunion. Seul regret : aucun projet n’est venu de Guyane.

La maison solaire entre dans les mœurs
Les vingt-sept maisons soumises au jury ne se ressemblent pas toutes, il s’en faut même de beaucoup. Un bon tiers cependant présente plusieurs spécificités très proches : façade plein sud généreusement vitrée, intégrant souvent une serre, présence de capteurs solaires thermiques dans un rampant de toiture sud, construction à ossature bois et parement bois, tandis que les adeptes du toit terrasse sont nettement minoritaires. En revanche, pour ce qui est du nombre de pans, de leur inclinaison, de la présence ou non de lucarnes, du matériau (terre cuite, ardoise, bois ou métal), ils s’imposent le plus souvent comme les traits les plus expressifs conférant à chaque maison son identité propre. Il est à regretter toutefois que les principes de la bonne conception bioclimatique soient parfois négligés, expliquant sans doute certains ratios énergétiques décevants. Des capteurs thermiques ou photovoltaïques orientés au sud-ouest, au sud-est ou pire, à l’est ou à l’ouest, auront une productivité franchement inférieure à celle des mêmes équipements installés face au sud (la différence sera au minimum de 30 % et couramment de 50 à 60 % selon les conditions climatiques locales).
Néanmoins, nous n’avions jamais recensé au cours des éditions précédentes un nombre aussi élevé de maisons équipées de capteurs solaires thermiques et de modules photovoltaïques, quasiment toujours intégrés en toiture. D’ailleurs cette intégration est souvent problématique, bien que les fabricants proposent des capteurs qui se positionnent au même nu que les tuiles, les ardoises ou les bardeaux. Une certaine raideur orthogonale des 15 à 25 m2 de surface vitrée des capteurs et modules photovoltaïques introduit une expression techniciste, en contraste avec le caractère généralement traditionnel de la couverture. Ces réserves d’ordre esthétique sont négligeables par rapport aux gains importants qu’un système solaire de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire peut générer. Parmi les maisons primées ou remarquées, nous en avons décompté six équipées d’un système solaire combiné (SSC) de chez Clipsol, quel que soit le type d’appoint prévu.
Le chapitre logement collectif est souvent plus riche en réhabilitations qu’en constructions neuves. Cette édition s’avère cependant équilibrée avec sept dossiers d’immeubles neufs pour “seulement” cinq réhabilitations.

Renouveau du logement collectif
Le plus important bien sûr est la qualité des propositions soumises au jury. Indéniablement, l’édition 2006 peut être considérée comme un bon cru, avec deux réalisations primées et trois remarquées.
L’immeuble Rue Moyrand à Grenoble (prix “Logement collectif”) étonne par son architecture et ses caractéristiques techniques. Les façades à parement brique ou acier, les nombreux appartements à double orientation, les cages d’escalier éclairées naturellement, entre autres caractéristiques, haussent le niveau de prestations générales au-dessus des standards ordinaires du logement social. Les 168 m2 de modules photovoltaïques en couronnement confèrent à ces deux immeubles une modernité exclusive.
Dans un cadre très différent, la réhabilitation du groupe Henri Wallon à Saint-Martin-d’Hères en Isère (prix “Réhabilitation logement collectif”) parvient à rajeunir des bâtiments à l’origine franchement austères, les parant même d’un style d’inspiration balnéaire assez inattendu. Le bien nommé petit collectif “Rue du village” à Saint-Denis-lès-Bourg dans l’Ain (non primé) participe à une densification en douceur du centre du village, en offrant à ses occupants un bon niveau de confort et des consommations d’énergie raisonnables, avec en bonus l’affichage en temps réel, dans l’entrée, de la production d’électricité des 33,5 m2 de panneaux photovoltaïques installés en toiture.

Le bois sous toutes ses formes
Une forme de corrélation entre architecture bioclimatique et ossature bois s’observe depuis longtemps. Le phénomène est particulièrement spectaculaire concernant les projets présentés dans cette édition 2006. Le bois est d’abord apprécié pour ses propriétés techniques : il facilite la réalisation d’une enveloppe isolante, sans pont thermique et avec une épaisseur de paroi raisonnable (20 à 25 cm suffisent selon la nature des parements). Ainsi, bien que la maçonnerie reste la solution habituelle dans le logement collectif, Serge Jauré a conçu des extensions avec piliers bois pour la rénovation du groupe Henri Wallon à Saint-Martin-d’Hères. Le bois est également présent en cloisonnement et en façade dans l’immeuble “Rue du village” à Saint-Denis-lès-Bourg. Dans plusieurs maisons, le bois est utilisé comme matériau “universel” : structure, charpente, planchers, cloisons, menuiseries, bardage, lambris… Les essences les plus appréciées pour les composants structurels sont le pin, l’épicéa, le sapin et le douglas. Pour les bardages, le mélèze – traité ou non – s’impose sans partage. Sa réputation de bois résistant est maintenant bien établie. Les bois proviennent souvent des régions nordiques ou des forêts voisines par exemple pour les maisons construites dans les Vosges ou en Savoie.
Le bois est également présent de manière plus ponctuelle, mais significative, dans plusieurs projets classés au chapitre du tertiaire. Exemple original, la Direction départementale de l’agriculture et de la forêt à Troyes dans l’Aube (non primée) est entièrement construite en panneaux préfabriqués de bois reconstitué, de marque KLH. L’ossature bois la plus impressionnante sans doute est celle du collège Guy Dolmaire à Mirecourt dans les Vosges (prix “Bâtiment tertiaire”), avec de superbes poteaux quadripartites en douglas. On pourrait encore citer plusieurs projets, y compris en réhabilitation, comme par exemple la Maison des associations diocésaines Odette Prévost à Châlons-en-Champagne dans la Marne (mention “Réhabilitation bâtiment tertiaire”), avec son appartement de fonction créé sous la forme d’une maison autonome à ossature bois en surélévation, et sa série de poteaux en bois ronds massifs s’alignant dans le hall d’accueil.
Le bois apparaît également dans les départements d’Outre-mer, notamment en ossature et en charpente apparentes de la chambre froide dessinée par Perrine Huguet à Baie Mahault en Guadeloupe. La maison Calligrafi à la Montagne sur l’île de la Réunion (prix “Maison individuelle en Outre-mer”) est entièrement en bois, harmonisant conception bioclimatique et références à la tradition créole.
Partout, le bois séduit les architectes par ses caractéristiques techniques et surtout peut-être par la liberté qu’il leur apporte et par sa valeur emblématique de matériau naturel et renouvelable, à condition, bien sûr, d’être attentif à sa provenance et aux traitements protecteurs qui lui sont éventuellement appliqués.

Les isolants “naturels” plébiscités
La ouate de cellulose fait une entrée remarquable dans le catalogue des matériaux préférés des concepteurs ayant présenté un dossier de candidature à l’édition 2006 du palmarès. Cet isolant est présent dans des bâtiments aussi différents que le siège social d’Innopsys à Carbonne en Haute-Garonne (non primé), le centre de loisirs de Nyons dans la Drôme conçu par Frédéric Nicolas (non primé), la Maison des énergies de l’Asder à Chambéry (mention “Énergies renouvelables”) et l’immeuble “Rue du village” à Saint-Denis-lès-Bourg (non primé). Les prescripteurs apprécient dans cette matière son origine : le recyclage des déchets de l’industrie papetière. D’une certaine manière, la ouate de cellulose est, en tant que composant principal du papier ordinaire, l’un des ultimes produits de la filière bois. Relativement facile à travailler, saine et performante, elle affiche de nombreux atouts.
Autre isolant de plus en plus souvent prescrit, le chanvre, utilisé dans l’école primaire de Saint-Hilaire-le-Châtel en Saône-et-Loire (non primé) sous forme de laine, et dans la Maison des associations diocésaines Odette Prévost, mélangé à la chaux sous forme d’enduit. Si la laine de chanvre est la présentation la plus connue de cette fibre, les experts de la filière chanvre recommandent plutôt deux autres types de mise en œuvre : compacté dans des blocs de “béton de chanvre”, ou projeté sur une armature. Ces procédés un peu atypiques sont les plus appropriés pour exploiter les qualités isolantes et “respirantes” du chanvre, sans avoir les inconvénients de la laine. Celle-ci impose notamment des traitements protecteurs de la fibre qui en altérent le caractère sain et naturel.
Bien sûr les produits d’origine minérale, comme les laines de verre et de roche, sont encore les plus courants dans les projets soumis au jury. On signalera également l’utilisation de polystyrène recyclé en isolation extérieure, pour la réhabilitation du gîte rural “Les Espaces” à La Planée dans le Doubs (non primé). D’une manière générale, on voit que les isolations extérieures ou intégrées en ossature deviennent la norme en architecture bioclimatique, ce qui constitue un progrès notable par rapport au standard du doublage intérieur.

Émergence d’un photovoltaïque “à la française”
La transformation directe de la lumière solaire en électricité par l’effet photovoltaïque a quelque chose de fascinant, comme un équivalent technologique de la fonction chlorophyllienne dans la nature. Dans l’immédiat cependant, la plupart des prescripteurs attendent une amélioration des rendements et une baisse du prix des modules photovoltaïques avant d’envisager de les inscrire dans leurs projets. Poutant, réduire la dépendance d’un bâtiment et alimenter des appareils électroniques ou des lampes à faible consommation représente une perspective déjà stimulante, comme l’illustrent plusieurs réalisations bien notées par le jury du palmarès 2006. Le hasard seul ne peut expliquer la présence d’une installation photovoltaïque sur la maison Rimbault (prix “Maison individuelle” en Métropole), l’immeuble Rue Moyrand, le Service des eaux de la ville de Mulhouse (mention “Démarche globale”), le siège de l’Asder, le gîte Ché Catrine (prix “Réhabilitation bâtiment tertiaire”), ou le lycée Tampon 3 à la Réunion (mention “Bâtiment tertiaire en Outre-mer”). Dans chacun de ces exemples, la centrale photovoltaïque – modeste ou importante – est soigneusement intégrée dans l’architecture du projet, parfois de façon très visible, en couronnement de l’immeuble de logements rue Moyrand à Grenoble, ou comme filtre tamisant la lumière au-dessus d’un patio, dans le gîte Ché Catrine.
Dans la plupart des cas, les modules photovoltaïques sont reliés au réseau EDF, qui achète l’électricité ainsi produite à un prix récemment revalorisé. Avec en plus un financement partiellement subventionné, un investissement photovoltaïque peut s’avérer intéressant. On relèvera enfin que les capteurs photovoltaïques ont tous été (à l’exception près des “tuiles photovoltaïques” d’Imerys) fournis par des sociétés spécialisées, comme Photowatt, Tenesol ou BP Solar. Cette donnée signifie
que dans l’esprit des prescripteurs un module photovoltaïque est une “machine énergétique” et non un composant du bâtiment, alors que plusieurs industriels, aussi connus que Saint-Gobain vitrages et Schüco, intègrent des panneaux photovoltaïques dans leurs catalogues. Ces modules devraient donc à terme être considérés comme des composants de l’enveloppe – façade ou verrière – et trouver ainsi plus aisément leur place dans un projet architectural.

C’est déjà demain
Pour conclure, nous reviendrons sur une antienne maintenant classique : s’il vous plaît, chers concurrents du concours “Habitat solaire Habitat d’aujourd’hui”, envoyez-nous des dossiers les plus complets possible, avec des indications chiffrées et des noms de marque. Ces données sont indispensables aux membres du jury pour comprendre et apprécier la qualité des projets. Elles sont également précieuses pour nourrir les présentations rassemblées dans ce numéro spécial et nous aider à diffuser un maximum d’informations précises et fiables à nos lecteurs. Au-delà de la valorisation des projets primés, mentionnés et remarqués, cette publication entend contribuer à des échanges de savoir-faire et d’expériences entre tous les architectes, ingénieurs, maîtres d’ouvrage et autres personnes soucieuses d’œuvrer à la création d’un cadre bâti agréable, sain, économe en énergie fossile et respectueux de l’environnement Jean-Pierre Ménard

Les laureats du concours Habitat Solaire Habitat d’Aujourd’hui


http://www.energies-renouvelables.org/systemes-solaires/encours/palmares.pdf

Métropole
Maison Rimbault à Saint-Simon (Cantal) ; p.14
Maison Louistisserand à Besançon (Doubs) ; p.20
Maison témoin à Avon (Seine-et-Marne) ; p.26
Six maisons individuelles remarquées ; p.30
Immeuble Rue Moyrand à Grenoble (Isère) ; p.36
Groupe Henri Wallon à Saint-Martin-d’Hères (Isère) ; p.42
Trois habitations collectives remarquées ; p.48
Collège Guy Dolmaire à Mirecourt (Vosges) ; p.52
Gîte Ché Catrine à Villarodin (Savoie) ; p.60
Maison des associations diocésaines Odette Prévost à Châlons-en-Champagne (Marne) ; p.66
Service des eaux de la ville de Mulhouse (Haut-Rhin) ; p.72
Asder – Maison des énergies à Chambéry (Savoie) ; p.78
Séchoir à fourrage à Vesc (Drôme) ; p.84
Six bâtiments tertiaires remarqués ; p.88

• Outre-mer
Maison Calligrafi à La Montagne (la Réunion) ; p.94
Six maisons individuelles remarquées ; p.100
Diren de Guadeloupe à Basse Terre (Guadeloupe) ; p.102
Lycée Tampon 3 à la Réunion ; p.108
Trois bâtiments tertiaires remarqués ; p.114
Trois habitations collectives remarquées ; p.116

• Installateur solaire Qualisol
Serpolet-Bidaud à Sainte-Anne sur Gervonde (Isère) ; p.118
SARL Smido à Melesse (Ille-et-Vilaine) ; p.122

Crédits photo : Antoine Rouillon, Bruno Marielle, Jean-Pierre Favre
Regards et pratiques d'architectes ; p. 126
En bref ; p. 134


Le baromètre du solaire thermique : plus de 2 millions de m2 installés en 2005 ; p.141
Avec une croissance de 22,8 %, le marché solaire thermique de l’Union européenne (capteurs plans vitrés, capteurs sous vide et capteurs non vitrés) a passé la barre des 2 millions de m2, qui correspond à une puissance d’environ 1 450 MWth. Cette croissance s’explique principalement par la très bonne tenue des trois marchés leader du solaire thermique que sont l’Allemagne, l’Autriche et la Grèce et par la montée en puissance des marchés français et espagnols.

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intégralité sur le site Observ-ER

Solar thermal barometer: More than 2 million m2 installed in 2005; p. 141
With 22.8% growth, the European Union solar thermal market (glazed, vacuum and unglazed collectors) has now passed the 2 million m2 benchmark corresponding to an installed capacity of approximately 1 450 MWth. This growth can be principally explained by the very good performance of the three leading EU solar thermal markets: Germany, Austria and Greece, and the increase in importance of the French and Spanish markets.

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on the Observ-ER website

Les nouvelles du vent ; p. 160

Agenda ; p. 166

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