Bienvenue sur ecologie-pratique.org, anonyme 24 juin 2017 - 14:21

L’élimination des bidonvilles urbains est une priorité sociale, sanitaire et économique

« La bataille que nous menons pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement sera gagnée ou perdue dans les villes » a lancé ce matin Mme Anna Tibaïjuka, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), devant la Commission économique et financière (Deuxième Commission). Face au phénomène d’urbanisation rapide et à la pauvreté qui l’accompagne, elle a estimé qu’il fallait trouver des solutions concrètes à l’urbanisation anarchique, afin de rendre les villes plus inclusives et de s’attaquer à la crise sociale et sanitaire provoquée par l’expansion des bidonvilles. « Un milliard de personnes à travers le monde vit à l’heure actuelle dans des taudis urbains, et si rien n’est fait, ce chiffre passera à 2 milliards d’ici à 2030 », a averti Anna Tibaïjuka. Pour faire face à ce défi, la Directrice exécutive d’ONU-Habitat a mis en avant la nécessité de trouver des mécanismes novateurs de financement du logement et des infrastructures urbaines. Appuyant ce point de vue, de nombreuses délégations ont reconnu qu’il était indispensable que la communauté internationale mobilise tous les moyens de financements possibles, pour améliorer les conditions de vie déplorables dans lesquelles survivent des centaines de millions de personnes dans toutes les parties du monde, et notamment dans les zones en développement. Ce triste constat a été fait ce matin par les délégations alors que la Deuxième Commission examinait l’application des décisions prises par la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II) et le renforcement du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat).



À cet égard, la représentante de la Jamaïque, qui intervenait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a demandé que les contributions financières versées à la Fondation pour les établissements humains soient accrues et deviennent plus prévisibles, tout en soulignant le besoin qu’ont les gouvernements des pays en développement d’être soutenus par la communauté internationale pour un meilleur financement des infrastructures et la réception et l’usage des technologies qui leur font défaut. La construction de logements décents et salubres étant au dessus des faibles ressources de la majorité des populations, le représentant du Nigéria a, pour sa part, estimé qu’il fallait encourager les États à participer à la promotion du logement décent et à l’investissement dans les infrastructures, afin de faciliter aux pauvres la construction et l’accès aux logements.



Afin d’appuyer les efforts nationaux visant l’élimination des bidonvilles et l’accès universel à un logement décent et abordable, le représentant du Pakistan a demandé à ONU-Habitat de rationaliser et de renforcer ses interventions, alors que celui de l’Inde estimait qu’il était urgent d’installer dans les zones rurales le type de services dont bénéficient les populations urbaines, afin de mettre fin à l’exode rural et de décongestionner ainsi les villes. Comme de nombreuses autres délégations, les représentants de l’Inde et du Pakistan ont mis l’accent sur l’importance des transferts de technologies et du renforcement des capacités humaines et institutionnelles des pays en développement, pour leur permettre de trouver et mettre en place des solutions durables et écologiques en matière de logement.



Ce matin, la Deuxième Commission a également adopté, sans vote, deux projets de résolution relatifs à l’assistance économique spéciale à certains pays et à certaines régions. Dans un premier projet de résolution intitulé « Coopération et coordination internationales en vue du rétablissement de la santé de la population, de la régénération de l’environnement et du développement économique de la région de Semipalatinsk au Kazakhstan »*, l’Assemblée générale demanderait instamment à la communauté internationale d’apporter son concours au Kazakhstan pour la formulation et l’exécution des programmes et projets spéciaux visant à soigner la population touchée dans cette région, et pour y assurer la croissance économique et le développement durable. Selon ce texte, l’Assemblée engagerait tous les États, les organisations financières multilatérales compétentes, et les autres entités de la communauté internationale, à offrir leurs connaissances et leur expérience pour contribuer au rétablissement de la santé de la population, à la régénération de l’environnement, et au développement économique de la région de Semipalatinsk.



Par le deuxième projet de résolution, relatif à l’aide humanitaire et l’aide au relèvement en faveur de l’Éthiopie**, l’Assemblée générale engagerait la communauté internationale à aider le Groupe d’intervention pour la sécurité alimentaire en Éthiopie à mettre fin à la dépendance à l’égard de l’aide alimentaire dans un délai de trois à cinq ans. Elle encouragerait également le Gouvernement éthiopien à redoubler d’efforts pour remédier aux causes structurelles des menaces récurrentes de sécheresse, et demanderait à tous les partenaires du développement de s’attaquer aux causes profondes de la sécheresse chronique en Éthiopie, en gardant à l’esprit la nécessité de prévenir de pareilles crises à l’avenir et d’améliorer la capacité de résistance de la population.



En début de séance, le représentant de l’Égypte a d’autre part présenté le projet de résolution relatif à la souveraineté permanente du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé sur leurs ressources naturelles***.



Les délégations et organisations dont la liste suit ont pris la parole ce matin au cours des travaux de la Deuxième Commission: Égypte; Jamaïque (au nom du Groupe des 77 et de la Chine); Chine; Pakistan; Fédération de Russie; Indonésie; Croatie; Inde; Nigéria; Kenya, et Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Mme Anna Tibaïjuka, Directrice du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) est également intervenue.



La Deuxième Commission poursuivra en plénière ses travaux, mercredi, le 3 novembre, à 9 h 30, pour examiner la question du développement durable.



* document publié sous la cote (A/C.2/60/L.4/Rev.1)

** document publié sous la cote (A/C.2/60/L.7/Rev.7)

*** document publié sous la cote (A/C.2/60/L.11)



APPLICATION DES DÉCISIONS PRISES PAR LA CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LES É TABLISSEMENTS HUMAINS (HABITAT II) ET RENFORCEMENT DU PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LES É TABLISSEMENTS HUMAINS (ONU-HABITAT)



Rapport sur l’application des décisions prises par la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II) et le renforcement du programme des nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) (A/60/168)



Le présent rapport fait état des progrès accomplis dans l’application des décisions prises par la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II) et dans le renforcement du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU Habitat).



Le Sécrétaire général y note que les conséquences de l’urbanisation rapide, aggravées par la mauvaise gestion des villes, la stagnation économique et le VIH/sida, ont atteint des proportions critiques dans les villes et les zones urbaines de nombreuses parties du monde en développement. La viabilité des villes est devenue un problème clef à relever par la communauté internationale, relève-t-il. M. Kofi Annan rappelle que l’Assemblée générale, consciente de cette crise, a érigé ONU-Habitat en programme du système des Nations Unies, et a appelé au renforcement de la Fondation des Nations Unies pour l’habitat et les établissements humains. Une campagne vigoureuse a été lancée par le secrétariat d’ONU-Habitat afin qu’il puisse bien s’acquitter de son rôle et de son mandat, notamment grâce à une organisation interne renforcée par une évaluation approfondie menée par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI), indique le Secrétaire général.



Dans ce rapport, le Secrétaire général indique, entre autres, que le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) a bien progressé dans le renforcement de la Fondation des Nations Unies pour l’habitat et les établissements humains, conformément aux demandes de l’Assemblée générale qui voulaient que la Fondation puisse à la fois appuyer les activités d’ONU-Habitat et mobiliser des ressources pour compléter les efforts des États Membres visant à financer des logements, des infrastructures et des services de base abordables. De plus, ONU-Habitat a élargi ses activités au niveau des pays pour renforcer la capacité des États Membres à mettre en œuvre les Objectifs du Millénaire pour le développement concernant l’élimination des taudis et pour répondre aux demandes exprimées dans les domaines de l’atténuation des conséquences des catastrophes, de l’assistance humanitaire, et de la reconstruction après les conflits, explique M. Annan. Soulignant que la deuxième session du Forum urbain mondial s’est tenue avec succès à Barcelone, en Espagne, en septembre 2004, Kofi Annan note que des projets sont en cours pour célébrer le trentième anniversaire de la Conférence Habitat en tenant une troisième session du Forum urbain mondial à Vancouver, au Canada, en juin 2006.



Dans ses conclussions et recommandations, le Secrétaire général estime que les programmes d’amélioration des taudis sont une occasion exceptionnelle d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement en assurant la sécurité d’occupation, l’amélioration des logements, la distribution d’eau potable et l’assainissement, dont les bienfaits se répercutent sur la santé et la nutrition, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, ainsi que sur la réduction de la vulnérabilité au VIH/sida et aux autres maladies. Le Secrétaire général met en avant l’importance pour les Gouvernements, d’adopter d’urgence des politiques et des plans d’action urbains favorables aux pauvres et aux femmes, comme le demande le Programme pour l’habitat. Il recommande donc d’encourager les gouvernements qui sont en mesure de le faire à renforcer la Fondation des Nations Unies pour l’habitat et les établissements humains par des contributions stables et non affectées à des fins spécifiques, et par des ressources affectées au budget ordinaire pour les activités de base. Il suggère également d’inviter les gouvernements et les institutions financières à contribuer généreusement au Fonds d’affectation spéciale pour l’eau et l’assainissement; au Fonds pour l’amélioration des taudis, et aux autres fonds d’affectation à la coopération technique, afin de permettre à ONU-Habitat de mobiliser des investissements publics et des capitaux privés en faveur du logement et des services de base. Enfin, M. Kofi Annan propose d’encourager les gouvernements à appuyer les activités normatives et opérationnelles d’ONU-Habitat, en collaborant avec les directeurs de programme d’ONU-Habitat en vue de promouvoir l’amélioration des taudis, l’accès au logement et l’urbanisation durable.



Note sur la mise en œuvre coordonnée du Programme pour l’habitat (A/60/347)



Par cette note, le Secrétaire général transmet à l’Assemblée générale, pour qu’elle l’examine, son rapport sur la mise en œuvre coordonnée du Programme pour l’habitat (E/2005/60), conformément à la décision prise par le Conseil économique et social. Ce document passe d’abord en revue les quatre sous-programmes du Programme relatif aux établissements humains, avant d’aborder les partenariats, les rapports phares, les innovations et les questions de gestion.



Dans ce rapport, le Secrétaire général explique que le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) a pour objectif général d’améliorer le cadre de vie et de travail pour tous, par une gestion et un développement plus efficaces, plus participatifs et plus transparents des établissements humains. ONU-Habitat est fermement résolu à aider les pays à mettre en œuvre le Programme pour l’habitat, la Déclaration sur les villes et autres établissements humains, et le septième Objectif du Millénaire pour le développement, qui est d’assurer un environnement durable, et dont les cibles 10 et 11 consistent à réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès, de façon durable, à un approvisionnement en eau potable, et à réussir, d’ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis.



M. Kofi Annan rappelle que les travaux d’ONU-Habitat s’organisent autour de quatre sous-programmes: logement et développement durable des établissements humains; suivi du Programme pour l’habitat; coopération régionale et technique, et financement des établissements humains. Soulignant l’interdépendance de ces quatre sous-programmes, il indique que ceux-ci sont devenus les quatre piliers d’une stratégie visant à atteindre l’objectif d’avoir des villes sans taudis. Cette stratégie couvre la promotion de normes mondiales, l’analyse de l’information, les solutions testées sur le terrain, et le financement. Tous les programmes d’ONU-Habitat concernant le logement, le développement urbain, la recherche et le financement, ainsi que ses deux campagnes mondiales sur la sécurité d’occupation et sur la gouvernance urbaine, ont été reconfigurés de manière à contribuer à la concrétisation de la vision stratégique du Programme, précise-t-il.



Dans ses recommandations, le Secrétaire général propose que les gouvernements soient encouragés à tenir compte des besoins en établissements humains dans leurs plans nationaux de développement, ainsi qu’à promouvoir l’aménagement des villes et des grands centres urbains dans leur stratégie nationale d’élimination de la pauvreté et leur Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement. Les gouvernements sont également invités à prendre des mesures d’urgence pour améliorer les conditions de vie des habitants des taudis, conformément aux cibles 10 et 11 du septième Objectif du Millénaire pour le développement. M. Kofi Annan suggère aussi qu’ils soient encouragés à participer à la troisième session du Forum urbain mondial, qui se tiendra à Vancouver, au Canada, en juin 2006, et à appuyer la participation des groupes de partenaires d’ONU-Habitat dans les pays en développement. Enfin, le Secrétaire général estime qu’il faut encourager les Gouvernements à accroître, dans la mesure de leurs possibilités, la part de leur contribution non versée à des fins spéciales pour faciliter la mise en œuvre du Programme pour l’habitat, de la Déclaration sur les villes et autres établissements humains, et des engagements pertinents de la Déclaration du Millénaire.



Présentation de rapports



Mme ANNA TIBAÏJUKA, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (UN-Habitat), a présenté le rapport du Secrétaire général sur l’application des décisions prises par la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II) et le renforcement du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) (A/60/168). Elle a indiqué que la Commission était aussi saisie du rapport du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour les établissements humains à sa vingtième session (A/60/8) ainsi que du rapport du Secrétaire général sur la mise en oeuvre coordonnée du Programme pour l’habitat (A/60/347-E/2005/60), qui a déjà été présenté au Conseil économique et social en 2005. Ces trois documents permettent de faire le point des travaux effectués par ONU-Habitat pour exécuter son mandat, a ajouté Anna Tibaijuka. S’agissant de la vingtième session du Conseil d’administration d’ONU-Habitat, elle a souligné que ses résultats avaient montré l’importance accordée par les États Membres aux questions relatives aux établissements humains. Toutefois, elle a estimé que la communauté internationale devait davantage se pencher sur le phénomène de l’urbanisation rapide et de la crise de paupérisation qui l’accompagne.



Plus de 50% de la population mondiale vit déjà dans des villes, a-t-elle poursuivi. La plupart des résidents urbains vivent avec moins d’un dollar par jour, certains dans des taudis, sans accès à l’eau salubre ou à l’assainissement, et dans des habitations précaires qui ne résistent pas aux intempéries. Mme Tibaïjuka a aussi indiqué que ces personnes ont en majorité moins de 25 ans et n’ont pas accès aux soins de santé et à l’éducation. Vulnérables aux expulsions sans préavis, elles vivent dans la précarité. Elle a estimé que ce constat illustrait l’échec de la communauté internationale à venir à bout de l’urbanisation rapide. Pourtant, a-t-elle constaté, « la réalisation des OMD dépend des solutions que nous trouverons pour rendre nos villes plus inclusives ». « La bataille pour les OMD sera perdue ou gagnée dans les villes », a-t-elle insisté. Elle a mit l’accent sur les mécanismes novateurs de financement qui pourraient être mis au service de la construction de logements et de l’amélioration des taudis. Elle a noté le rôle du Fonds d’affection pour l’eau et l’assainissement, dont le but est de focaliser les investissements dans des projets d’eau et d’assainissement pour les pauvres. Mme Tibaijuka a expliqué que ce Fonds cherchait à lancer des initiatives et des projets à impacts rapides pour permettre aux pays d’atteindre le septième OMD.



S’agissant du problème des taudis, elle a rappelé que 1 milliard de personnes vivaient aujourd’hui dans des bidonvilles, et a averti que si rien n’est fait, ce chiffre passerait à 2 milliards de personnes en 2030. Les habitants des taudis sont les laissés pour compte de la plupart des débats, a-t-elle regretté en affirmant que cette question devait être intégrée dans le cadre d’un développement urbain durable et obtenir un financement adéquat. Mme Tibaijuka s’est d’ailleurs félicitée de la tenue à Vancouver, au Canada, de la sixième session du Forum mondial urbain dont le thème sera le développement urbain durable. Elle a aussi fait part de sa satisfaction de voir que le Sommet de septembre 2005 avait souligné la nécessité d’intégrer la question des taudis. Enfin, s’agissant du soutien financier apporté à ONU-Habitat, elle s’est félicitée que le financement du Programme soit passé de 16,5 millions de dollars en 2000 à 85,2 millions de dollars en 2004. Elle a toutefois précisé que ces ressources provenaient essentiellement d’un nombre limité de pays.



Introduction et débat général



Mme DIEDRE MILLS (Jamaïque), qui intervenait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a estimé que la solution la plus durable pour réduire la pauvreté et la misère urbaine est de privilégier l’accès à l’emploi. Elle a insisté sur la nécessité d’intégrer les questions de l’eau et de l’assainissement dans les stratégies de promotion des établissements humains. Le niveau élevé de maladies, en particulier le VIH/sida, et les effets des catastrophes naturelles, qui affectent les pays en développement, devraient inciter la communauté internationale à appuyer les gouvernements de ces pays dans leurs efforts de mobilisations de fonds de financement pour les infrastructures urbaines et d’encouragement des transferts de technologies. Il est urgent de faire en sorte que les contributions financières versées à la Fondation Habitat s’accroissent et deviennent prévisibles, a déclaré Mme Mills.



Mme LIU ZHONGXIN (Chine) a indiqué que depuis la tenue de la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains de 1996 et celle de la 25ème session extraordinaire de l’Assemblée générale de 2001 sur ce thème, la situation mondiale en matière d’habitat demeure préoccupante. Les deux principaux objectifs visés par les recommandations d’Habitat II, à savoir le logement décent pour tous et des établissements humains durables dans un monde urbanisé, ne pourront être atteints qu’à travers une coopération renforcée entre les pays. « Il faut respecter l’autonomie, les réglementations et les niveaux de développement des pays », a dit la représentante, qui a ensuite estimé que la relation entre la croissance démographique, la protection de l’environnement et la gestion des établissements humains devaient être gérées de façon planifiée et cohérente. « Tous les partenaires de la société civile et du secteur privé doivent être encouragés à initier des projets novateurs en matière d’établissements humains », a-t-elle poursuivi en jugeant que la communauté internationale devait, de son côté, créer les conditions favorables au développement des établissements humains, en augmentant l’aide, en ouvrant les marchés, en mobilisant des investissements directs et en transférant les technologies modernes. Le Gouvernement chinois a mis en place un système de logement socialisé et sécurisé et promeut la rationalisation de l’utilisation de l’énergie en milieu urbain, a indiqué la représentante. Elle a souligné qu’en Chine, les familles à faible et moyen revenu avaient droit à un logement social. Notre pays est prêt à renforcer sa coopération avec UN-Habitat dans le domaine des établissements humains, a-t-elle souligné.



M. JAMIL AHMAD (Pakistan) a estimé que l’UN-Habitat était devenue aujourd’hui l’organisation clef en matière d’assistance technique dans le domaine des établissements humains. Il reste encore beaucoup à faire pour améliorer les conditions de vie des 100 millions de personnes qui vivent dans des taudis d’ici 2020, a poursuivi M. Ahmad, estimant que l’accès à un logement abordable devait devenir une garantie de base pour les populations urbaines. Le Pakistan prend des mesures pour atteindre les Objectifs de développement du Millénaire liés à l’habitat et aux établissements humains, a-t-il dit. Il a estimé qu’en appui aux efforts des États Membres, l’UN-Habitat devait rationaliser ses interventions et agir dans le domaine de l’assistance technique, en particulier en faveur des pays touchés par des catastrophes naturelles. Il faut appuyer davantage la Fondation pour les établissements humains, a-t-il dit, ainsi que le Fonds pour l’amélioration des taudis. La population urbaine du Pakistan représente 33% de ses 155 millions d’habitants, et elle progresse de 4% par an, a poursuivi M. Ahmad en regrettant le manque de logements urbains sains. Il nous faudrait 5,5 millions de logements, a-t-il précisé. Il a à cet égard indiqué que pour atteindre cet objectif, 270 000 logements devraient être construits chaque année au Pakistan. Pour faire face à ces défis, le Pakistan procède à des consultations avec les communautés locales, encourage des stratégies d’appropriation dans les zones urbaines pauvres, et met en place des programmes de logements sociaux pour les foyers à revenus faible ou moyen, a déclaré M. Ahmad. Mais, a-t-il dit, les conséquences du récent séisme qui a causé la mort de 55 000 personnes et délogé 3,5 millions de Pakistanais seront lourdes à surmonter sans un appui de la communauté internationale.



Mme ANNA OVCHARENKO (Fédération de Russie) a insisté sur le rôle que doit jouer la coopération internationale dans le domaine des établissements humains. Elle a salué le travail d’ONU-Habitat et l’attention accrue portée aux intérêts des différents groupes de pays. Elle a appuyé la politique de renforcement du rôle de ce Programme et a constaté la dynamique positive adoptée dans l’application de l’ordre du jour d’ONU-Habitat. Elle s’est félicitée de la campagne mondiale du Programme sur le droit au logement et du suivi de l’atteinte des objectifs concernant l’élimination des taudis et l’accès à l’eau potable. Parmi les autres activités d’ONU-Habitat, elle a jugé que la décentralisation de la gestion des villes, la participation de la société civile à la gestion locale, et la question de la reconstruction après un conflit, étaient particulièrement d’actualité. Face à la rapidité de l’urbanisation, elle a estimé que la communauté internationale devait prendre des initiatives supplémentaires pour améliorer l’efficacité des activités d’ONU-Habitat. Elle a aussi souhaité que soit renforcée la coordination entre ce Programme et les autres organisations du système de l’ONU ainsi qu’avec les institutions de Bretton Woods. Enfin, elle a souligné l’importance de la dimension régionale dans l’application de l’ordre du jour d’ONU-Habitat, notant qu’il fallait s’attacher à promouvoir une approche équilibrée qui prenne en compte les besoins des économies en transition.



M. NGURAH SWAJAYA (Indonésie) a estimé que la promotion d’établissements humains décents, viables et salubres constituait un défi important pour la communauté internationale, qui devait le relever en faisant preuve d’une ferme volonté politique. Le Programme UN-Habitat et le Programme d’action de Johannesburg, adopté en 2002, soulignent l’importance de lutter contre la pauvreté urbaine et l’augmentation des taudis dans le cadre de partenariats qui doivent être initiés au sein des Nations Unies, a noté M. Swajaya. Le manque d’eau potable, et la présence d’installations sanitaires inadéquates sont des menaces durables pour les populations urbaines et rurales, il importe donc de financer le développement d’infrastructures saines et viables, a dit M. Swajaya. Il a indiqué que son pays avait mis en place des programmes nationaux pour améliorer la vie de 2 millions de personnes dans 32 villes par la remise en état des logements des populations pauvres. À Djakarta, a-t-il dit, un projet de logements à prix modiques a été lancé, de même que des programmes d’assainissement, d’approvisionnement en eau potable et de structures éducatives. Suite au tsunami, de décembre 2004, des efforts ont été déployés par le Gouvernement de l’Indonésie pour remettre en état les zones affectées, notamment à Aceh et Nias, a-t-il poursuivi en saluant l’implication de UN-Habitat et d’autres organismes qui ont permis de lancer la reconstruction de 50000 logis et de mettre en place un programme d’assistance à 1 000 villages affectés par le tsunami.



Mme ALEMKA VRCAN (Croatie) a estimé qu’il fallait améliorer davantage la coordination, la gestion et la mobilisation des ressources afin qu’ONU-Habitat puisse répondre adéquatement aux défis posés par l’urbanisation rapide. Ce phénomène, a-t-elle poursuivi, exige l’adoption d’une approche intégrée du développement durable qui prenne en compte ses dimensions économiques, sociales et écologiques. Insistant sur l’importance de mettre en oeuvre l’ordre du jour d’ONU-Habitat aux niveaux local et national, elle a fait part des initiatives prises par la Croatie dans ce sens, et a notamment cité la construction de logements financés par l’État. S’agissant de la protection de l’environnement, elle a noté l’adoption en 2004, par le Gouvernement croate, d’un régime de protection des zones côtières qui réglemente notamment l’accès à ces côtes et préserve les ressources d’eau douce. Ce régime restreint également l’élargissement des zones bâties et l’implantation de zones industrielles dans cet environnement, a-t-elle précisé. Enfin, Mme Vrcan a rappelé que les pays se tournaient vers ONU-Habitat pour être guidés en matière de renforcement de capacités et de politiques urbaines aux niveaux local et national.



M. MITRASEN YADAV (Inde) a déploré que des millions de femmes, d’enfants et de personnes âgées soient condamnés à vivre sans logement décent. En dépit des rencontres sur les établissements humains, notamment Habitat II à Istanbul, qui ont montré l’intérêt que porte la communauté internationale à ces questions, les progrès accomplis sont mitigés, a estimé M. Yadav. Nous devons réaffirmer notre engagement à promouvoir des programmes sociaux, a-t-il poursuivi, en soulignant que l’Inde, dans le cadre d’une stratégie lancée en 1998, entend favoriser la mise en place de programmes destinés à assurer un logement décent à chacune de ses familles (« un logement pour tous »). 285 millions de personnes vivent dans les villes en Inde, a-t-il dit, en soulignant la nécessité de procéder à une réforme des régimes fonciers dans les zones urbaines, afin de rendre l’accès à la propriété foncière et immobilière accessible aux pauvres. Le XXIe siècle requiert de véritables programmes de gouvernance urbaine, a-t-il dit. Il faut créer une infrastructure économique durable, assurer la sécurité alimentaire et générer des emplois, a-t-il précisé. Pour éliminer la pauvreté, il faut amener les services urbains vers les zones rurales afin d’y améliorer les conditions de vie et décongestionner les villes, a estimé M. Yadav en indiquant que le programme de développement intégré des campagnes prévoit la promotion de l’emploi dans les villages, ainsi que celle de la microentreprise par le biais du microcrédit. Dans les villes, la prolifération des taudis est inquiétante, a-t-il ensuite constaté. Pour y faire face, il a indiqué que leur élimination, progressive, est prévue dans le cadre du Programme Valmiki Ambedkar Awas Yojana, qui prévoit la mise en place de logements sociaux salubres. Mais, pour pouvoir mettre en œuvre durablement ce type de programmes, l’Inde considère que des réponses innovantes sont nécessaires, y compris l’augmentation des flux d’aide au développement et les transferts de technologie, pour construire des logements en matériaux à la fois durables et écologiques.



M. SCOTT O. E. OMENE (Nigéria) a noté que dans les pays en développement la disponibilité du financement à long terme pour l’investissement dans le logement était limitée, alors que le coût des prêts à court terme était soit prohibitif soit hors de la portée des pauvres. Il a souhaité que soit encouragée la participation de l’État, non pas comme seul fournisseur d’habitations, mais comme un facilitateur par le biais de la création d’instruments divers, comme le logement social ou les subventions ciblées. Il a expliqué que le Nigéria s’attachait à mettre en oeuvre l’ordre du jour d’ONU-Habitat dans le cadre de sa stratégie de développement. Il a émis l’espoir que les projets faisant partie de cette stratégie seraient soutenus par la communauté internationale à travers la fourniture d’assistance technique et financière, le renforcement des capacités, le transfert de technologies, un meilleur accès aux marchés et la création d’un espace politique adéquat, pour que la mise en oeuvre de cette stratégie réponde aux priorités nationales. Le représentant nigérian a par ailleurs noté avec satisfaction les efforts déployés par ONU-Habitat pour solidifier sa base financière, mais s’est inquiété du déséquilibre net constaté dans les contributions, puisque celles destinées à des programmes ciblés sont beaucoup plus importantes que celles non liées. Il a enfin insisté sur la nécessité d’assurer un financement prévisible à ONU-Habitat, et a noté que sans soutien extérieur, les pauvres des pays en développement ne pourraient disposer de logements décents.



M. SOLOMON KARANJA (Kenya) a salué la stratégie de mobilisation de ressources mise en place par ONU-Habitat au cours des dernières années, tout en regrettant cependant que les financements mobilisés demeurent insuffisants. Il s’est félicité des efforts de collecte de fonds déployés par la Directrice exécutive, qui ont permis d’augmenter les sommes provenant de contributions volontaires. Le mécanisme d’amélioration des taudis et les autres programmes d’assainissement et de logements de UN-Habitat nécessitent l’augmentation du budget ordinaire, a dit M. Karanja. Réduire de moitié le nombre de personnes sans accès à l’eau potable et à l’assainissement d’ici 2015, et réduire de 100 millions le nombre de personnes vivant dans les taudis d’ici 2020, suppose que des efforts considérables soient consentis au financement des actions visant à améliorer les établissements humains et à réaliser de ce fait les Objectifs du Millénaire pour le développement. ONU-Habitat devrait entreprendre une évaluation de ses programmes, afin que les données récoltées servent de base aux pays qui n’ont pas encore mis en œuvre certains programmes liés aux établissements humains, a recommandé M. Karanja. Le Kenya accueillera prochainement une réunion du mécanisme ministériel consultatif africain sur le développement urbain et l’habitat, a-t-il annoncé en précisant que l’objectif serait d’élaborer une stratégie visant à réduire le nombre de taudis et à promouvoir le rôle des femmes dans la promotion de logements décents. Avec la collaboration des parties prenantes, y compris ONU-Habitat, le Gouvernement kényen a mis en place un programme visant à améliorer les conditions de vie de 5,4 millions de personnes vivant dans ces taudis, pour un montant de 6,1 millions de dollars, a indiqué le représentant. Le programme d’amélioration des conditions de vie des populations vivant dans les taudis s’élève globalement à 11 milliards de dollars, a-t-il dit, en lançant un appel aux donateurs pour qu’ils appuient les efforts du Gouvernement kényen.



M. IAIN LOGAN, Observateur de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a indiqué que la Fédération avait apporté son soutien dans plusieurs situations de catastrophes naturelles, afin de procéder à la reconstruction des infrastructures. Suite au tremblement de terre de 1992 en Égypte, nous avons par exemple relogé 240000 personnes à Al-Nahda, a-t-il dit, avant de rappeler que, lors du récent séisme qui s’est produit au Cachemire, et lors du tsunami, les Sociétés de la Croix-Rouge avaient apporté un appui à la réhabilitation des infrastructures de fourniture d’eau et d’assainissement, ainsi que des écoles. Il faut que des plans de développement s’appuyant sur la bonne gouvernance permettent de répondre aux défis posés aux populations vulnérables et pauvres, a-t-il dit, soulignant qu’il ne fallait pas se satisfaire de réduire de 100 millions d’ici 2020 le nombre de personnes vivant dans des taudis.

Source http://www.un.org/

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