Bienvenue sur ecologie-pratique.org, anonyme 28 mai 2017 - 08:46

Maison en béton : laisse tomber

Avec la pollution qui nous bouffe et la mal bouffe qui nous pollue l’organisme, l’écologie et le bio ont le vent en poupe. Les inspirations des architectes réunionnais surfent également sur cette tendance. Leurs projections pour l’habitat du futur s’orientent vers l’abandon des cases vernaculaires en béton au profit des bio-matériaux et de la construction de maisons bio-climatiques intégrant les énergies renouvelables. Finies les cases en béton cellulaire qui viennent polluer les paysages oniriques de notre île. L’armada de promoteurs sévissant à la Réunion depuis une trentaine d’années peut désormais remballer les truelles. La maison du futur sera en harmonie avec le patrimoine culturel existant. Elle se situera certainement au croisement de l’héritage architectural néo-classique du XVIIIe et des innovations technologiques domestiques. L’architecture de demain ne sera certainement pas une fausse imitation du passé, mais tâchera avant tout d’éviter des plans pseudo-futuristes inadaptés. Une projection qui s’inspire d’un retour vers le naturel, aux legs du passé et remises au goût du jour en intégrant les techniques évoluées de confort et de développement durable. “Dans les années 60, on avait dans l’idée que la technologie allait résoudre tous les problèmes. Dans les années 70, il y a eu un revirement de situation et on a abandonné l’idée du tout technologique. Ensuite, il y a eu le high-tech. Mais aujourd’hui, le terme est déjà désuet, affirme Jean-Pierre Guerlais, architecte à Saint-Denis. L’habitat de demain utilisera des matériaux sains comme le bois, des énergies douces. Il sera conçu dans l’adaptation à son environnement avec pour objectif un maximum de confort en utilisant un minimum de technologies dans un style épuré. “

” Créer sa maison en fonction du climat “ La volonté de l’architecte est désormais d’inscrire le bâtiment dans une démarche tenant compte du développement durable. Volonté impulsée par la Région d’intégrer des technologies d’économie d’énergie dans les nouvelles constructions.” Il ne faut pas non plus mettre des brides aux architectes, modère Philippe Berne, vice-président du conseil régional chargé de l’environnement et du développement durable, sinon on en serait toujours aux cabanes gauloises. Mais c’est vrai que la maison de demain devra impérativement s’intégrer au paysage. “ Les écoles bio-climatiques des Goyaviers (Sainte-Suzanne) ou de Piton Goyave (Sainte-Marie) sont une bonne illustration de ce qui risque de se généraliser d’ici quelques années. Quesaquo le bio climatique ?” Créer sa maison en fonction du climat”, rappelle Anthony Lucas, technicien à l’Agence régionale énergie Réunion (Arer). L’architecture bioclimatique permet non seulement de créer un habitat respectueux de son environnement mais aussi une maison plus confortable, plus économe et plus saine, d’autant que les matériaux choisis pour la construction -comme le bois - ne sont pas nocifs pour la santé.

L’intégration des énergies renouvelables On en revient finalement à la bonne vieille case créole des gramouns qui privilégiait les varangues, inspirées des demeures de Pondichéry, pour se protéger du soleil et une ventilation traversante afin d’évacuer l’air chaud. La maison du XXIe siècle devrait ainsi bannir la climatisation. “Pour ce faire, j’utilise le bois, un matériau qui n’a pas d’inertie thermique, j’essaye d’abriter les façades ensoleillées avec des auvents et je tiens compte de son orientation”, explique Jean-Pierre Guerlais. “La bio-construction et le développement durable ont de l’avenir à la Réunion”, assure Alain Evangelista, qui se définit comme un “bio-architecte”. Chauffe-eau solaire (CES), panneaux photovoltaïques, matériel à basse consommation, récupération d’eau de pluie..., l’intégration des énergies renouvelables dans les constructions est déjà une réalité à la Réunion. Un succès même quand on sait que plus de 50 000 foyers sont équipés en CES, soit une moyenne par habitant deux fois plus élevée qu’en métropole. Le marché du photovoltaïque tarde cependant à décoller : environ 700 personnes sont équipées de ce système en site isolé (Mafate, et les Hauts). Pourtant, lorsqu’il est raccordé au réseau EDF, il permet de réduire sa facture d’électricité de 45 % et sa facture d’eau de 20 %. Frein principal du photovoltaïque : son coût. Malgré une subvention de 70% de la Région et de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), il faut compter en moyenne 20 000 euros pour ce dispositif. “Ça coûte cher mais c’est amorti au bout de quelques années avec les économies d’énergies réalisées”, veut rassurer l’Arer. “Notre objectif est d’arriver à ce qu’une majorité de l’énergie électrique provienne des énergies renouvelables”, soutient Philippe Berne. Ferme éolienne à Sainte-Rose, panneaux photovoltaïques sur les toits de l’hôtel de Région, lycée HQE (haute qualité environnement) au Tampon ou à Saint-André..., les réalisations effectuées ces dernières années prouvent que la Réunion est sur la bonne voie de l’éco-construction.


“La bio-construction, la médecine de l’habitat” Nichée au sommet de La Montagne, la case en bois de Stéphane Calligrafi n’a rien de très futuriste de prime abord. Pourtant, cette demeure en construction ressemble certainement à la maison dans laquelle les Réunionnais vivront d’ici 30 ans. La case servira d’ailleurs de site pilote à l’Arer, une sorte d’exemple à suivre pour son projet de “Casa DD” (lire ci-contre). “Il s’agit d’une maison en bio-construction, explique Alain Evangelista, le maître d’ouvrage. C’est la médecine de l’habitat, c’est-à-dire qu’elle laisse les gens en bonne santé grâce à l’utilisation de matériaux sains.” Stéphane Calligrafi a ainsi choisi d’adopter une case entièrement en bois et a favorisé l’utilisation d’isolant naturel tel que la laine de mouton contre la traditionnelle laine de verre, “dangereuse pour les poumons”. Feng-shui, installations électriques déjouant les champs électro-magnétiques, disposition des pièces et meubles selon des zones cosmo-telluriques, volets “persiennés”, orientation Est-Ouest et casquettes en guise de protection solaire..., la maison s’adapte parfaitement à son environnement mais adopte également les technologies du développement durable. Chauffe-eau solaire, récupération d’eau de pluie, panneau photovoltaïque... Stéphane Calligrafi a tout prévu en matière d’énergie renouvelable. “Les Réunionnais utilisant le béton et la ferraille sont de plus en plus marginalisés. La démarche du développement durable commence à rentrer dans les mœurs”, explique le bio-architecte. “On est dans un territoire très petit, on doit être vigilant quant à notre environnement, pense Stéphane Calligrafi. Aujourd’hui que j’ai des enfants et vue l’état de la planète, je me sens beaucoup plus impliqué dans ce combat. A ma petite échelle et à travers cette maison, j’espère pouvoir sensibiliser quelques personnes.” D’ailleurs cet éco-citoyen vient juste de créer une société pour promouvoir la bio-construction et dupliquer la démarche du développement durable.

Source http://www3.clicanoo.com/ (Pour plus d’informations, batibiotique@ool. fr).

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